Cinéma 
J'avais douze ans lorsque j'ai participé pour la première fois à l'élaboration d'un court métrage. Le caméra club du collège des Petits Ponts à Clamart (92), animé par le merveilleux Monsieur Prétot, réunissait une dizaine de gamins autour de l'écriture, du tournage et du montage d'un film court. Nous lancions des idées à tout va et l'adulte structurait l'ensemble pour en faire un scénario qui tienne debout. C'est nous qui tenions la caméra, qui jouions les rôles à côté des adultes, et qui montions les films, en pellicule les premières années puis en vidéo. De ces années empreintes de l'esprit de découverte et de liberté, j'ai retenu quelques trucs : l'utilisation des gros plans, la bonne composition pour ne pas "couper" le regard d'un personnage, le travelling latéral sans trop de saut, « Ne regardez jamais la caméra ! », et surtout l'art de la chûte...
C'est un jour de septembre 1998, quelques semaines avant la rentrée universitaire que j'ai songé à mettre sur pied mon premier court métrage. Le mois précédent, j'avais participé au tournage d'un court métrage d'une étudiante de la FEMIS (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son) et cette expérience m'avait donné une forte envie de faire mon propre film.
C'est décidé ce sera un clip, mon ambition est de faire passer mon message
uniquement par les images, comme les grands maîtres du muet... Il y en
a qui ne manquent pas d'espoir ! En peu de temps, j'improvise un petit
script: tous les
jours,
un
garçon prend en photo sa petite amie qui se prend au jeu, jusqu'à
ce qu'elle en ait marre. Un peu léger ? oui je
sais... Ensuite je réunis les acteurs et les cadreurs et surtout
je motive
un copain
qui me
compose
la musique,
rassemble des musiciens pro et une chanteuse, et fait enregistrer
tout ce petit monde dans un studio. Après de nombreuses péripéties, le
clip Apparences est finalement monté par un professionnel sur
une station numérique. Ce fut une joie intense que d'avoir terminé ce projet,
j'en
ai tiré une
leçon : la volonté déplace des montagnes.
Mon deuxième projet, deux ans plus tard, s'est réalisé en équipe
avec une amie, également fondue de cinéma. J'avais un petit
peu plus d'expérience,
mais le tournage s'est quand même déroulé dans des
conditions assez aléatoires, pour le meilleur et pour le rire. Nous écrivons
un court scénario
à quatre mains, c'est l'histoire d'un jeune délinquant qui
n'arrive pas
à faire peur à ses victimes, ce qui est gênant pour
ses activités. Heureusement
il va rencontrer un vieux briscard qui lui enseignera l'autorité naturelle
et comment vendre du bonheur... à 80% de marge ! Le court s'appelle Les
bonnes manières.
Ci-dessous, voici Les Bonnes Manières. Vous pouvez aussi voir ce film sur Google Video pour l'avoir en grand format par exemple.