We should cherry-sh the life we have

Nous avons mis du temps à nous apprivoiser cet arbre et moi.
Bientôt douze ans que j’ai posé mes guêtres dans ce petit coin de paradis qu’on appelle Castanet.
Mon acclimatation au quartier, à la maison, a été progressive.

Le meilleur accélérateur de particules joyeuses et généreuses, ça était le repas de quartier.
Une bien belle soirée a déclenché les amabilités.
Du jour au lendemain, on ne voit plus son voisin comme un Autre, mais comme un proche.
Désormais ce repas du quartier est une institution, un rendez-vous annuel que chacun attend impatiemment.

Il fait encore froid dehors.
Les derniers frimas.
– Tu es sûr qu’on dit comme ça ?
– Pas vraiment. Une chose que je sais dire : Remercier la vie, chaque jour.

La primavera. Quelle belle saison à Toulouse.
(Penser à protéger les piments des limaces)
– C’est déjà fait !
– Ah OK.

Aujourd’hui – une autre nouveauté, j’ai sacrifié un verre de bière à des limaces inconnues.
On n’a même pas été présentés.
Mais il parait que ça se fait.
On verra bien si ça leur plaira…

Il fait vraiment froid maintenant. Et on doit partir chez les amis.


Je reprends ce texte le lendemain.
Au cours de la nuit, deux gros escargots se sont noyés dans le verre de bière, plus quelques petites limaces. Il est donc démontré que la bière peut avoir une certaine efficacité pour protéger les jeunes pousses du jardin.

Et sinon j’ai terminé la saison 1 d’une nouvelle série TV, qui me donne déjà l’envie d’en écrire sa critique.

La motivation pour parler du printemps et de ses effets sur l’âme est partie comme des veloutes de fumée.

Donc le deuxième enseignement est le suivant : quand on a un sujet en tête qui nous inspire l’écriture de quelques lignes, mieux vaut ne pas s’interrompre. Sous peine de perdre l’élan et l’inspiration.

Restent seulement quelques tâches rouges sur fond vert, quand je tourne la tête.

Allez un petit effort quand même….

Je peux quand même mentionner cette sensation si agréable quand on monte sur l’échelle pour aller cueillir des cerises.
Au début, les premières années, la peur de tomber gachait toujours un peu le plaisir.
Maintenant je suis plus à l’aise, j’arrive à couper les branches d’une main et à les rattraper au vol de la même main.
Et voila, nous trouvons au passage une occasion de faire le malin. C’est toujours ça de pris.

Entendre le vent dans les feuilles.
Apercevoir les toits, le quartier, sous un autre angle. Prendre de la hauteur.
Mais surtoût cette sensation merveilleuse du goût d’un fruit à peine cueilli.
Ces cerises toutes fraîches et savoureuses.

Le texte va s’arrêter car je suis bien incapable de décrire cette sensation par des mots.
Une chose est sûre, chaque année cette période éphémère des cerises dans le jardin correspond à la bascule des saisons.
Fin mai, les saints de glace sont passés et la chaleur revient à Toulouse.

Cela dure une quinzaine de jours maxi. C’est la période pendant laquelle on range ses affaires d’hiver et on ressort les shorts, maillots de bain et chemisettes.
C’est bien d’avoir ce genre de repère temporel.