Grâce et libre arbitre

Les artistes et leurs œuvres présentent souvent des parcours de vie singuliers.
Pour s’arracher de sa condition initiale, il faut une volonté forte et une foi absolue en son art.
Illustrations.

César et Rosalie – Claude Sautet

On parle souvent de la rentrée comme d’une période agitée. 

Les enfants reprennent l’école. Les parents reprennent le travail. Et tous les sujets qui étaient en sommeil lors du mois d’août refont surface en septembre avec encore plus d’insistance.

Comme pour beaucoup de monde, j’ai vécu cette rentrée 2024 comme un ouragan. 

Si je regarde en arrière, plusieurs expériences de spectateur méritent d’être évoquées.

Perles de la rentrée

Jacques Audiard, mon cinéaste vivant préféré, m’a une fois de plus enchanté avec son dernier film : Emilia Pérez

Emila Pérez sur IMDb

Sur le plan formel, c’est très créatif.
Mais c’est bien l’histoire qui m’a le plus marqué.

Ce génial scénariste qu’est Jacques a imaginé la transition de sexe d’un narcotrafiquant mexicain pour se réinventer une nouvelle vie.
Sur le papier, je n’aurais pas spécialement signé, mais il y a certains auteurs que l’on suit les yeux fermés.

Au final, le parcours de vie m’a paru crédible et attachant malgré tout le rocambolesque des situations.

C’est surtout quand le cinéma élargit mon horizon que je l’aime au plus haut point.
Chercher à comprendre d’autres points de vue, pour ne pas s’assécher l’esprit dans ses propres certitudes.

DJ Mehdi, made in France

En terme de vie passionnée et passionnante, nous avons un bon exemple avec la météorite DJ Mehdi.
Pas étonnant que le documentaire d’Arte cartonne à l’audimat.

C’est l’histoire d’un artiste parti trop tôt.
Lui non plus n’aimait pas les cases, ni les frontières.
Il aimait la musique au plus haut point. Au point de lui dédier sa vie.

Je suis toujours impressionné par les personnages qui se créent eux-mêmes leurs univers, les conditions de leur épanouissement.
Quand on voit DJ Mehdi, jeune adolescent, bricoler lui-même son échantillonneur (sampler), on comprend que le gars est motivé et que rien ne va l’arrêter.

Je trouvais aussi très touchant les choix de vie, parfois difficiles, induits par une carrière artistique.
Quand il s’agit d’expliquer à ses potes que l’on arrête le travail ensemble, que nos chemins se séparent … c’est aussi triste qu’une rupture amoureuse.
Et pourtant c’est parfois nécessaire quand on veut continuer d’avancer dans sa quête artistique.

à la ville comme à la scène

Nous arrivons au stade de présenter le héros du jour, Monsieur Yves Montand.

Je l’ai déjà écrit mais il me plait de me répéter.
Quand je rencontre une personne qui m’inspire autant dans son travail que dans ce qu’elle est comme être humain, c’est si bon.

Yves Montand était un acteur flamboyant, se doublant d’un citoyen engagé.
Il se donnait corps et âme dans ce qu’il entreprenait.

Mon premier souvenir de cet immense acteur date des années 80 quand je regardai avec mon frère « La folie des grandeurs », tous les quatre matins.
Ensuite c’est une galerie de tableaux présentant des personnages forts et émouvants qui repasse dans mon esprit.

Blaze, valet héroïque (La folie des grandeurs – Gérard Oury)
Mario, chauffeur intrépide (Le salaire de la peur – H.G. Clouzot)
Le docteur, député pacifique (Z – Costa Gavras)
Victor Valence, papa pas fiable (Tout feu, tout flamme – J.P. Rappeneau)

C’est en découvrant le très beau documentaire d’Yves Jeuland « Montand est à nous », que j’ai pu mieux mettre en perspective la trajectoire de vie unique de ce grand monsieur.

L’histoire d’un enfant d’immigrés italiens, fuyant le fascisme, qui rêvait de devenir comme Fred Astaire.

Chapeau l’artiste !

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