« Lis un bouquin »

Dès l’adolescence, mon rappeur préféré Rockin’ Squat me le recommandait.

Et pourtant le goût de la lecture ne se décrète pas de l’extérieur. Il se développe à partir d’une acculturation progressive.

Entrons ensemble dans le royaume des livres.

Nous ne sommes pas tous nés sous la même étoile.

L’ouverture d’esprit ne se décrète pas, c’est un long chemin d’apprentissage.
Pour autant l’influence de notre famille est primordiale pour avoir les idées larges. Ça aide.

Pour la lecture, c’est pareil, il est sans doute plus simple d’être tombé dans la marmite dès le plus jeune âge.

Et vu que la lecture d’ouvrages variés participe grandement à brasser nos idées et notre vision du monde, la boucle est bouclée.

Comme Obélix et la potion magique

Pour ma part, c’est bien ma maman qui m’a mis dans les mains des livres, ou plus précisément un journal, dès le plus jeune âge.

Dès l’âge de 10 ans, le Journal Des Enfants, le JDE pour les intimes, était mon rendez-vous hebdomadaire avec l’actualité. J’aimais cette odeur d’encre et cette grande page dépliée qui était ma première fenêtre sur le monde.

Béatrice d’Irube, fondatrice du JDE

Carl Lewis, le roi des JO de Séoul et Ben Johnson, le tricheur booouh !
La chute du mur de Berlin.
Des flash info surgissent dans ma mémoire à l’évocation de ce journal.

C’est déprimant : quand je fais une recherche pour retrouver une couverture de l’époque, j’apprends que le journal a cessé de paraître l’année dernière.

Foutue crise de la presse …

https://www.lalsace.fr/societe/2024/03/28/le-journal-des-enfants-tire-sa-reverence

N’empêche, j’étais ensemencé.
Et la passion de la lecture allait fleurir en moi, de manière irrégulière, pendant les décennies suivantes.

En ce moment, ça repart.

J’ai retrouvé le plaisir de lire.

C’est un sentiment difficile à expliquer pour ceux qui ne sont pas entrés dans le gang.
Mais essayons de relever le défi.

En même temps, si tu lis ces lignes, c’est que tu fais déjà partie de la crème de la crème !
Donc ce ne devrait pas être si dur à comprendre pour toi 😉

Tâchons donc d’expliquer d’où vient ce plaisir de la lecture.
Et plus largement, explorons les richesses de la littérature.

Le lien des lectrices

Le premier paradoxe à identifier est à quel point les livres rassemblent les hommes.
Et surtout les femmes, puisqu’elles sont plus nombreuses à lire en proportion.

Ce n’est pas évident au premier abord pour une pratique solitaire, et pourtant les livres rapprochent les personnes et créent des connexions entre elles.

Je pense bien sûr aux clubs de lecture qui en sont la manifestation la plus tangible.
Là aussi j’avais un exemple à la maison avec la mamma : Présentation des Cercles de lecture.

Mais il y a aussi d’autres liens souterrains que tissent les livres et qui parfois se révèlent au grand jour.

Exemple récent.

Une amie passionnée de cinéma comme moi, m’envoie en cadeau le livre de Thierry Frémaux, Judoka.
Le patron du festival de Cannes y explique ses longues années de pratique du judo, la tradition martiale japonaise, les rites du dojo, le passage à l’enseignement … etc.

Comme je pratique le Karaté Contact depuis plus de 20 ans, tout cela me parle intimement.
Et soudain me revient en tête – de manière très nette, le souvenir d’un ancien collègue judoka, perdu de vue depuis 2 ans.

Je me dis alors que je dois le recontacter.
Ni une, ni deux, je lui envoie un message.
Rendez-vous est pris et 2 semaines plus tard, c’est le plaisir des retrouvailles dans ce groupe d’amis en commun.

Les livres réunissent les gens, j’en suis persuadé.

Solarium Lectarium

Nous évoquions avec l’article précédent le retour des danseuses en été, mais il faudrait aussi mentionner les lectrices qui reviennent en force avec la chaleur estivale.

Plus de temps.
Plus de lumière.
Plus de mots.
Place à l’imagination.
Place à la lecture.

Alors moi aussi je me lance.
Voici affiché en large, mon programme de lecture pour cet été…

Liste de lecture estivale (mais oui, on y croit …)

La lectrice du blog perplexe se demande : mais pourquoi cet étalage ?

Hypothèse n°1 (la plus probable) :  il n’a jamais pu s’empêcher de faire le malin. Il lira moins de 10% de tout ça au final, mais il saura faire des résumés brillants grâce au modèle de langage de l’intelligence artificielle. C’est un vantard.

Hypothèse n°2 (la plus poétique) : il veut fixer dans le temps ce qu’il lisait cet été là. Car il est bien connu que nos choix de lectures sont un peu le reflet de notre âme. C’est un archiviste.

Ce qui est sûr, c’est que je suis méthodique, j’ai commencé par lire la méthode du champion du monde de lecture rapide.
Ainsi j’aurais un peu plus de chance de pouvoir tout lire cet été.

Il y a quelques années, j’ai eu le sentiment de rentrer dans l’âge adulte de la lecture lorsque j’ai appris à désacraliser l’objet, lorsque je me suis autorisé à « accélérer » certains passages, ou tout simplement à abandonner certains livres avant d’arriver à la fin.

Ce doit rester un espace de liberté.

Et maintenant je me dis qu’en sachant lire encore plus vite, tout en sachant bien ingérer le contenu, je rentrerai peut-être dans l’âge avancé de la lecture.
La sagesse (plus joli que la vieillesse comme terme).

Picorer ou sélectionner, il faut choisir

Lecteur compulsif, je me rends compte de plus en plus, que dans la vie, il faut faire des choix.

Je continue à consacrer une grande partie de mon temps de lecture à m’informer.
Essentiellement en lisant le Monde sur mon téléphone, mais aussi Télérama et Philosophie magazine.

Plus intello, tu meurs, mais j’assume.

Je sens bien à quel point cette frénésie de suivre l’actualité est chronophage et génère de l’anxiété.
Et pourtant j’ai toujours du mal à me détacher de cette addiction.

Mais petit à petit, je me dis qu’on doit bien pouvoir survivre sans tout suivre de cette actualité désespérante.

Alors j’essaye de consacrer un peu plus d’espace-temps aux sages et aux poètes, plutôt qu’aux chroniqueurs de l’apocalypse.
C’est comme les fruits et les légumes, c’est bon pour mon équilibre.

Tout changement démarre par une prise de conscience.

Ce décentrage de l’actualité vers la fiction (et les documentaires) requiert de l’insistance.
Mais au fond de moi, je sens bien que c’est ce dont j’ai besoin.

Comme les légumes, je te dis.

Lire pour rester en bonne santé

Je pense avoir lu quelque part à quel point la lecture convoque des ressources essentielles dans notre cerveau.

Un blog digne de ce nom aurait produit une référence sérieuse, un article scientifique imparable, une preuve d’autorité incontestable, bref du solide quoi !

Malheureusement nous devons bien constater le laisser aller de ce site.
Le Che Tolosan, c’est plus ce que c’était !

- Allez viens, on se casse. Trop cheap, cet endroit …
- Attends deux secondes, c’est presque la fin.

Au bénéfice du doute, imaginons que l’attitude d’un lecteur est plus active et donc plus saine que celle d’un visionneur de Youtube à la chaîne.

Le processus de la lecture fait appel à des images dans notre esprit et ça, c’est bon pour la santé mentale.

Zéro rigueur scientifique dans cette conclusion, mais en tant que Rêveur Numéro Un, c’est ce que je crois.

Et quand même, j’ai une réputation à tenir, merde !

Alors voici les cautions scientifiques tant attendues :

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