Je ne cherche pas, je trouve

Connais-tu cette douce sensation de découvrir une nouvelle chanson d’un artiste que tu adores ?

Je ne parle pas du dernier titre de l’idole des jeunes, qui vient de sortir la semaine dernière. Mais d’une vieille pépite dénichée par un programmateur radio malin.

En l’occurrence l’artiste est Edith Piaf et la chanson : « J’ m’en fous pas mal ».
Pas exactement née de la dernière pluie donc.

C’est aussi agréable que de retrouver un vieux pote perdu de vue depuis longtemps.

Il y a toujours quelque chose à découvrir, neuf ou ancien, pour les mélomanes et les curieux de toute sorte. C’est simplement une disposition de l’être, une ouverture d’esprit à cultiver : la soif de découverte.

Cet état d’esprit peut prendre de nombreuses facettes différentes.
C’est la curiosité qui est à l’origine de la recherche scientifique.
C’est l’étonnement (l’émerveillement devant le monde) qui est à l’origine de la réflexion philosophique.
C’est l’envie de nouvelles rencontres qui anime le voyageur.
Et même pour la création artistique, il faut se mettre en recherche avec cette volonté d’avancer vers la forme aboutie.
L’écrivain ne sait pas où le mènera son histoire. Il écrit simplement. Et chemin faisant, un monde se créée sous sa plume.

J’ai appris cela récemment en écoutant des podcasts de conseils pour écrire.
Pour un néophyte comme moi, c’est utile d’écouter les pro expliquer leur pratique.

Cela fait des années (une trentaine d’années au bas mot) que je tourne autour du pot.
Tu comprendras aisément que je commence à en avoir le vertige à la longue.

Jouer d’un instrument de musique, dessiner, écrire des nouvelles, pratiquer la photographie, chanter, danser, jouer la comédie, mettre en scène …
Les activités artistiques et la démarche créative qui s’y rapporte donnent de l’épaisseur à la vie.
Elles sont nécessaires à notre épanouissement et à notre équilibre.

Imaginez seulement que l’on donne des cours de théâtre à tous les élèves français de CM2 ou 6e / 5e pendant plusieurs années …
Je suis sûr que cela contribuerait à réduire la délinquance à grande échelle dans notre pays.
Jouer un personnage nourrit de l’intérieur, cela aide à guérir nos fêlures internes et donne du courage pour affronter les tourments de la vie.
Quoi de plus nécessaire à une identité en pleine construction ?

Moi aussi je suis en pleine construction, encore à 42 ans.
Bon d’accord à cet âge-là, on parle plutôt d’une restauration, qui va coûter bonbon d’ailleurs vu l’état de la baraque.

Il fait un temps dégueulasse dehors, mais de toute façon on n’a même plus le droit de sortir.
Dès que tu lis les actualités, tu déprimes.
On ne peut plus faire la fête, on ne peut plus aller voir ses amis.
On ne peut plus aller se boire une mousse avec les collègues après le taf.

Alors pour éviter de tomber dans la sinistrose totale, je me suis inventé un ami imaginaire à qui j’écris quand j’ai le temps.
C’est mon Sparring Partner qui j’espère me permettra de progresser dans ma pratique.

Pour l’instant mes tentatives de rédaction de fiction sont encore très embryonnaires. Manque de temps, de continuité, de stabilité …
Qui a dit « de volonté » au fond de la salle ?
Les excuses ne manquent pas, mais au moins je peux évacuer de la liste ce vilain mot : la procrastination.

Même si la démarche est lente et laborieuse, au moins je me suis mis en mouvement.
Le mouvement intérieur de la création.
Celui-ci qui te révèle à toi-même.

The servant (Joseph Losey)

Si tu ne vas pas très bien ma chère lectrice, fais comme moi, écoutes FIP.
Pour fêter son anniversaire, la fringante quinquagénaire nous en fait voir de toutes les couleurs.
J’ai l’impression qu’elle est encore meilleure qu’en temps normal.
Edith Piaf, Jimi Hendrix, Tim Maia et tous les autres apaiseront ton âme tourmentée.

Un jour prochain, les salles de spectacle ouvriront de nouveau.
Nous serons là au rendez-vous, assoiffés de culture.
En attendant il nous reste la radio, les films et notre monde intérieur à cultiver comme nous pouvons !

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