Au cinéma, il y a le match entre les films documentaires et les fictions.

En littérature aussi, vous avez le choix entre des histoires qui relatent des faits réels et de pures inventions narratives.

Étudions ici un bel exemple de littérature du Réel.

Florence Henri, Autoportrait

Pendant longtemps je me suis un peu méfié de ce genre littéraire que l’on appelle Autofiction.
Ou plutôt je le méprisais mollement : c’est un truc pour les écrivains qui n’ont pas d’imagination, pensai-je.

Puis une fois que j’ai démarré l’édition de ce blog centré autour de ma merveilleuse modeste personne, j’ai bien été obligé de réactualiser mon jugement.

Bien obligé d’avoir un minimum de cohérence intellectuelle pour avancer.

Travailler à partir de soi, écrire à partir de son propre matériau : notre vie, c’est une technique comme une autre pour produire de belles histoires.

Tel était mon nouveau credo.
Le gars qui change assez vite de religion quand même, mais passons.

Bon on ne va pas se mentir, il me semblait toujours qu’il manquait un peu de magie dans cette démarche, en comparaison de la création pure d’une fiction authentique.

Et alors surgit Emmanuel Carrère sur son fidèle destrier.
Cet auteur a eu progressivement de plus en plus de succès en écrivant des romans à partir de vies réelles. Mais souvent il y insérait en plus des morceaux de sa propre vie.

Je ne suis pas spécialiste de littérature, loin s’en faut, mais je pense qu’il a été assez précurseur dans ce style.
J’aime les pionniers, ceux qui osent des formes nouvelles.

J’aime / J’aime pas…
Ces lignes n’auraient pas grand intérêt si elles se bornaient à présenter les goûts de l’auteur.

(C’est parti pour la 3e personne jusqu’au bout, oh ça y est je ne me sens plus ! Alain Delon, sors de ce corps !)

Non, en fait la grande question qui se pose est :
Peut-on écrire de belles histoires, de grandes histoires, en relatant uniquement des faits réels ?
Sans les romancer. Sans les transfigurer par le prisme de la fiction.

Mister Carrère a démontré avec éclat que la réponse est Oui.

J’avais bien aimé (et allez c’est reparti, je t’aime, moi non plus) Limonov et Le Royaume.

Mais je crois que je resterai marqué encore plus durablement par ma découverte de cette semaine.

D’autres vies que la mienne

Déjà pour commencer, quel titre ! Il claque !

Nota Bene du correcteur autobiographique ‘Restons jeunes en 2026’

A ne pas confondre avec la forme passive : il est claqué au sous-sol, qui signifie l’inverse : Nul, mauvais, à chier.

Bon comme nous sommes dimanche et que notre Seigneur nous a commandé de nous reposer le 7e jour, je ne vais pas me casser le …

Nota Bene du correcteur

On l’a censuré juste à temps celle-là !
Dis donc, je travaille beaucoup quand même et même les dimanches en plus, il va falloir penser à m’augmenter !

Ta g…, c’est moi le patron !

Je disais donc, il est temps pour moi de me reposer. Aussi je laisse l’auteur lui-même pitcher son livre.

À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.

Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?

C’était une commande, je l’ai acceptée.
C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère).

Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour.
Tout y est vrai.

Emmanuel Carrère

Résultat des courses : c’est sans aucun doute l’un des plus beaux livres que j’ai entendu en format audio ces dernières années.

A ce moment-là, je me rends compte que j’écrivais exactement la même chose il y a seulement 2 semaines avec un autre livre audio sur la créativité.
Pour un gars qui cherche justement à être créatif et original, ça fait désordre.

Ma chère lectrice, je te laisse le choix pour trouver une raison à cette extase répétitive :

  1. Le Che a un grand cœur, c’est donc normal qu’il ait tant de coups de cœur à faire partager (je l’aime bien celle-là)
  2. Ce sont deux livres de natures différentes. On ne peut pas les comparer. Donc il est possible d’attribuer un maxi coup de cœur, chacun dans sa catégorie. Et les vaches et les brebis seront bien gardées.
  3. L’auteur de ce blog obscur ne sait plus quoi faire pour attirer l’attention. Il use et abuse des superlatifs. Chef d’œuvre par ci, chef d’œuvre par-là, c’est uniquement pour masquer son manque d’inspiration qu’il attribue des bons points à tire-larigot.
    Alors qu’il n’a toujours pas publié de critique sur mon dernier livre que je lui ai envoyé il y a 6 mois, c’est honteux, c’est scandaleux #¤*

Cet article commence vraiment à partir en sucette.
Accrochons-nous jusqu’au bout, la fin est proche.

Ce livre audio édité par France Culture est une bien belle adaptation du texte d’Emmanuel Carrère.
En effet, les comédiens qui prêtent leur voix aux protagonistes rendent le récit d’autant plus vivant et touchant.

J’ai trouvé ce récit de la préparation de la mort d’une jeune maman, tout à fait poignant.

Conclusion : le réel est toujours le plus fort. Il s’agit « juste » de savoir le saisir dans son essence pour le raconter.

Ouf ayé, c’est fini pour aujourd’hui.

La grosse reco du dimanche :

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